Tu
me dis,
lorsque tu tardes trop
J 'ai raté mon métro, mon chéri
Moi j'veux bien, tu me dis
Lorsque je vois le soir
Du rouge à ton mouchoir
Sans t 'émouvoir que c 'est le mien
Tu me dis, lorsque je te surprend
Dinant au restaurant à l 'ornier
Ma voisine, tu me dis,
d 'un air très innocent,
que c 'est ahurissant comme elle
ressemble à ta cousine.
Mais ce que tu ne sais pas,
c 'est que le garçon d 'à côté
m 'a proposé tout bas d
'aller chez lui prendre le thé.
Mais ce que tu ne sais pas, lorsque le soir
tu tardes trop,
c 'est que je n 'étais pas là
si tu étais rentrée plus tôt. Tu me
dis d 'un ton très décidé
que l 'homme doit commander,
mon chéri
Moi je veux bien, tu me dis
qu 'un petit trou pas cher
Suffit pour prendre l 'air
et que la mer ne me vaut rien
Tu me dis lorsque tu me ramènes
une demi -douzaine de
cravates en pure soie
Tu me dis que c 'est un vieux camelot
qui t 'a cédé le lot
Au prix de cinq cents francs les trois
Mais ce que tu ne sais pas,
c que ma balle en six mille
Ne vient pas de chez Burma,
me fait son pe tit caraémie
Mais ce que tu ne sais pas,
quand tu prétends me dominer
C 'est que c 'est toujours moi
qui te mène par le bout du nez
Tu me dis, quand je suis dans tes bras
Serais tout contre toi qu 'avec moi
Tu es bien, tu me dis,
que c 'est toi de nous deux
Qui s 'est aimé le mieux que moi,
je t 'aime beaucoup moins
Tu me dis qu 'avant de t 'épouser,
j 'ai longtemps refusé
Ce la te rendait fou
Tu me dis que c 'est pour finir toi
Qui pour me conquérir
a dû te mettre à mes genoux
Mais ce que tu ne sais pas
c 'est que j 'adore me faire prier
Et que depuis trois mois
j 'avais ma robe de mariée
Mais ce que tu ne sais pas,
bien que pourtant cela se voit
Mais ce que tu ne sais pas,
c que je t 'aime
Encore bien plus que toi